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lili-oto. Diaporama sur les cônes de lumière, réflexion sur l'espace-temps en art, mouvement artistique de la Nouvelle Relativité .


Poésie

Les deux petits fragments

Tantôt à venir, tantinet prochain
D'un jour tant attendu...

Un petit glaçon
S'est épris
D'un petit caillou...

Blé d'orge sur canapé de glace
Dièdre et Polyèdre prirent place.
Et
De ce jour tant attendu
Le petit caillou s'est épris du petit glaçon...

Conjugués, conjuguant
Mêlant aux pétales de ses cristallines
Le parfum de ses silices
Au grand désespoir des quatre saisons
Ils se sont enfuis
Quelque part...

Où d'étranges silences viennent s'échouer
Dans un jardin sacré humide et doux
Dont seules tes deux lèvres ont encore le secret... Lili-oto
 

roman gratuit sur le net web net art web art blog


Vendredi 30 janvier 1998 5 30 /01 /1998 20:02





I
am
 
où 
l'oeuvre inachevée


Roman 

Lili-oto











Autoédition

Edité par l'artiste sur le net

gratuit et épisodique



Art Contemporain
net Art/web Art
webnet



ROMAN

 

 

          Lyon. Un dimanche matin à la Croix Rousse, un dimanche matin de kir, de blancs, de communards, un dimanche matin de fruits et de légumes, un dimanche matin de gros pains. Un dimanche matin de chineurs de clopes et d'apéritifs, résidents souffreteux des pentes (...)

 Lire la suite...



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Vendredi 30 janvier 1998 5 30 /01 /1998 19:13

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Scénario long métrage:  « la Ménine »

Lili-oto

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... Suite PAGE N°1

LA FEMME jette un oeil à Yame qui fait les yeux doux à son mari.  Jalouse, d'un coup brusque elle colle son fessier dans le bassin de son homme qui le déséquilibre... LA FEMME éclate de rire.




                                             la femme, à son mari.

Ça t'apprendra... vilain matou... 

Yame sourit. Un fleuriste attache un bouquet qu'il donne à sa cliente puis il offre une rose à sa fillette... 

la voix d'un vieil homme (off)

Montre-nous tes sourires, douce peintresse...

Yame se retourne. Le vieil homme qui ne lui est pas étranger lui tend un billet de cent francs. Yame sourit de nouveau, prend le billet, plie sa pancarte et ramasse sa palette. Tout en criant: "merci, merci, merci", elle court vers la station de taxi. 

le fleuriste, crie à Yame.

Où tu vas gamine ? (au vieil homme) Incroyable!

 

le vieil homme, d'un air amusé.

La jeunesse... (au fleuriste) Vous la connaissez ?

 

le fleuriste taillant les branches d'un bouquet.

De temps en temps... elle vient là... Parfois avec ma femme on l'invite à déjeuner chez Juju... on l'adore... Un vrai paquet de nerfs mais bien montée!

 

le vieil homme, tout en triant des fleurs sur l'étalage.

Vous savez... j'ai vu ses expositions... elle est douée...

-

le fleuriste, tout en prenant le bouquet que le vieil homme lui tend.

Oui... elle nous a offerts des esquisses... (tournant la tête) Et pour vous madame, quelques tulipes ?... (puis à sa femme affairée à l'étalage) Hein, mama! tu les as mis sous verre les dessins de la petite!  

Sa femme est trop occupée à servir la clientèle. Elle acquiesce de la tête pour toute réponse. 

Séquence 15 int nuit taxi Lyon 
La scène se passe en reflet dans les rétroviseurs intérieurs et extérieurs. 

le chauffeur

On ne se connaît, on s'est rencontré à la fête du squat du 101 

Yame hoche la tête. 

le chauffeur

... Tu es peintre, je crois... 

Yame continue de hocher la tête. 

le chauffeur

... On est du même quartier... je fais aussi de la peinture... Le taxi... c'est de l'alimentaire...  

Dans le rétroviseur extérieur humide du taxi, Yame l'air absente regarde défiler le paysage par la vitre arrière.

Arrêt sur image sur le regard de Yame. 

le chauffeur de taxi (off)

Vous êtes mimi, on vous l'a déjà dit!

-

Yame, sortant de ses pensées.

"Le voyeur". Vous connaissez ?  

Yame a le regard froid et ses lèvres se fendent d'un sourire moqueur. 

le chauffeur, essayant de comprendre

Hé béé! Le voyeur... 

-

Yame, le provoquant.

Vous êtes idiot ou vous faîtes exprès ?

 

le chauffeur, piqué.

Y'a des métiers qui sont faits pour les cons, et puis y'a les autres!... Désolé, je ne porte pas la casquette! de toute façon, on arrive...

Yame se penche entre les deux sièges avant, regarde la somme au compteur et elle lui tend son billet de cent francs. LE CHAUFFEUR arrête son compteur et lui rend la monnaie. Yame le regarde et du bout des lèvres l'embrasse sur la bouche. Le chauffeur est surpris. 

Séquence 16 ext nuit escaliers porte d'entrée Appt Julien. 
L'escalier des communs est à l'extérieur. Yame apparaît sur le palier dans la pénombre. Sur la porte, une plaque; "Julien Vrageot". Yame sonne à la porte. Personne! Elle tente de regarder à travers les fenêtres puis revient face à la porte et elle se couche sur le paillasson.

Fondu au noir.  

Séquence 17 int jour chambre Yame Lyon 
Dans le miroir, Yame referme sa porte d'entrée. Elle se dirige vers son répondeur, l'enclenche afin d'écouter les messages.
 

Julien (off) (sur le répondeur)

Bonsoir... C'est moi... je voulais te dire que demain soir à la télé; il y a ce film dont tu dis tant de bien... Je t'embrasse Douce. 

Yame se déshabille et elle allume une petite radio artisanale dans une boîte en bois peinte posée sur le rebord d'une table ronde. Yame nue, rentre à l'intérieur de la douche. A travers la vitre, elle se lave... 

radio (off,entretien) : intervenant

... Entamé les blocs des pays de l'Est...

 

radio : speaker

Et vous pensez que la chute du communisme a ébranlé à ce point notre système à l'ouest ? 

Yame sort de la douche, elle a une serviette autour des hanches. 

radio : intervenant

Le problème n'est pas que lié au capitalisme ou au communisme mais à l'inconscient collectif... La chute d'un système économique et de son expression politique, comme à l'Est, nous renvoie à la mort de notre propre système. L'économie est un mouvement perpétuel toujours en crise, comme la culture. Chez le créateur son vivier n'est pas l'expression d'une culture ou des cultures mais de ses écarts quelque soient la ou les cultures... 

Yame pose son pied sur la table et nous suivons la cambrure de son mollet, puis celle de la plante de son pied.

radio : intervenant

... Par contre, les pays de l'Est sont plus à même de trouver une autre voie que le capitalisme ou le communisme...

Nous sommes au-dessus de la table; le poste de radio surplombe son cou de pied supérieur à l'image d'un dessin d'enfant (comme un petit chalet surplombant une colline)

radio : intervenant

... On a vu le mur de Berlin s'effondrer et

Yame pousse légèrement le poste qui bascule à terre au ralenti et se casse. Yame disparaît par notre gauche tout en prenant de sa main droite, du bout des doigts son vieux pull rouge. 

Fondu sur le rouge.

Son vieux pull rouge nous révèle la courbure de son dos. Yame assise à son bureau de dos, frappe sur sa machine à écrire. On entend une voiture qui se gare sur le trottoir d'en face, le ronflement de moteur et le bruit sec d'un frein à main tiré. Elle tend la tête, elle sait que c'est Julien... Elle se dirige vers la fenêtre et elle regarde sans être vue Julien qui descend de sa voiture.

Séquence 18 ext nuit rue voiture Julien Lyon 
Julien regarde en direction des fenêtres de Yame tout en verrouillant la porte de sa voiture, puis remonte la rue.

Séquence 19 int nuit chambre Yame 
...Yame cachée derrière le rideau, regarde Julien en contrebas.

Yame, comme affligée d'une profonde solitude.

Monte, monte... monte mon amour. Mais non... tu vas voir chez la voisine ce film, je te comprends... tu as raison... Sans couleurs, c'est un gâchis...
 

Insert de l'image en noir et blanc de la télévision du film de Wim Wenders :"Les Ailes du Désir". Les deux anges rejoignent le mur de Berlin.

télévision : les deux anges

"Tu veux vraiment" "A moi de me conquérir une histoire..."

Notre champ s'agrandit, Yame apparaît à coté de la télévision, nous avons été trompés par le miroir qui nous reflétait l'écran de la télé...

Séquence 20 ext jour boulodrome Lyon 
Un bateau décor est attelé à un poteau téléphonique en bois. Angèle est à l'intérieur, une toque de cuisinier sur la tête et elle prépare des repas. Des clients sont attablés tout autour du bateau sur les pistes en contrebas du boulodrome.

Yame (off)

Vous avez offert à déjeuner aux artistes qui sont venus ce matin installer leurs boulots ?

 

Angèle, redressant la tête.

Ce n'était pas prévu.

 

Yame, d'un ton sec.

Tu rigoles j'espère!

 

Angèle, casse des oeufs dans un plat.

Vois ça avec Bertrand...

 

Yame, hausse la voix.

Quoi Bertrand ? tu veux dire qu'ils sont repartis avec le ventre vide! Avec tout le fric que vous faites ici, vous n'avez même pas eu le tact de leur proposer un repas!

-

Angèle, balaye la question de la main.

Je suis en retard... les gens attendent... laisse-moi s'il te plaît!

Angèle bat son omelette, il y a deux grandes poêles sur de gros fourneaux. Nous observons le liquide jaunâtre envahir les fonds.

Yame (off), amère.

C'est inadmissible! sans les peintres, ce lieu n'aurait ni vie, ni âme et ni raison d'être. Je te rappelle que si vous n'aviez pas eu les 400 visiteurs au vernissage... rien, vous ne seriez rien!

 

françoise, à Yame

Excuse-moi.

Françoise est serveuse, elle bouscule légèrement Yame de l'épaule. Elle prend deux assiettes sur le comptoir du bateau et les présente à Angèle.  

Angèle, s'énerve à Yame.

Tu m'emmerdes !

Une spatule coupe l'omelette en parts, puis prend une de ces parts et la verse dans l'assiette tendue. BERTRAND arrive par-derrière Yame...

bertrand, amusé, à Yame tout en lui caressant les reins de l'index.

Alors petite fée... tu veux faire monter les blancs...

 

Yame, tout en se retournant.

Alors! il faut une réunion de l'association pour savoir qui mange qui ou qui mange quoi ?... Vous êtes gonflés quand même!

 

bertrand, avec un sourire ambigu.

Je te rappelle que tu es ici par la seule volonté de Julien!

 

Yame

Et que vous n'êtes ici que par nos talents !

 

bertrand, continuant son jeu.

Vends ma cocotte ! vends ! Occupe-toi de tes sculptures... pour l'organisation c'est notre boulot !

 

Yame, les mains sur les hanches.

C'est ça! l'Art c'est comme les boîtes de conserves, suffit de les mettre en rayons et d'attendre le caddie !!

 

Angèle, fronçant des sourcils, à Yame.

Tu ne vois pas que l'on est en plein job... va philosopher ailleurs... et puis de toute façon si le deal ne te convient plus!...

 

Yame, levant les bras au ciel.

En gros, si je comprends bien... Vous et vos potes quand vous montez sur les planches, que se soit pour la musique ou pour le théâtre... vous vous attribuez des cachets et nous on peut toujours aller se faire gratter! Je vous signale quand même qu'il y a des artistes qui exposent ici et qui n'ont pas de quoi se nourrir. Vous me faites rire avec vos intermittences, vos manifs et votre alternatif à la gomme... Quelle hypocrisie !...

Une petite ronde de curieux se forme autour d'eux.

                                      lire la suite au prochain épisode...

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Vendredi 30 janvier 1998 5 30 /01 /1998 19:00

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Scénario long métrage:  le film « H.Crime »

Lili-oto

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- SEQ 11- INT JOUR - MAISON LAURE - GARAGE.

La table est encombrée des reliefs de la veille. Il y a le paravent en avant des cartons... De la porte du garage ouverte, les triporteurs sont garés devant dans la rue.


  •  LAURE , débarrasse la table
     Vous videz le Vespacar pendant que je prépare des sandwiches.
  •  
  •  GEORGES , pose une valise en osier sur un carton
     Je vais chez moi vider mon Piaggio avec Denio. (il se redresse et se retourne) ...


VIVIEN porte la selle de cheval dans notre direction.


  • GEORGES , off
    Nous revenons, on t'aidera ensuite, Vivien !

 

LAURE regarde dans leur direction puis retourne comme pour se cacher d'eux ! Elle sort un tout petit flacon de poudre qu'elle dévisse. Elle sniffe la poudre sur la petite cuillère emboîtée dans le bouchon...

FONDU ENCHAINE - Ils sont tous les quatre à table et mangent leurs sandwiches. LAURE caresse son chat qui se câline dans le creux de son cou.

 

  • LAURE , à DENIO
    C'est un bon coup, cette toile !
  •  
  • VIVIEN , à GEORGES
    Vos amis charpentiers... Ils prennent cher pour une rénovation ?
  •  
  • DENIO , saisit l'opportunité
    Si c'est de la main à la main ... Tu pourras trouver difficilement moins cher et aussi compétent.. Mais dans ce cas, ils travaillent uniquement le week-end et ils ne le font que pour des gens dont ils sont sûrs !!...
  •  
  • LAURE , forçant un sourire ,à GEORGES
    Oui... Mais je ne vous vends pas le paravent, je ne veux pas !
  •  
  • GEORGES , sur un ton déterminé
    Bon, je vais y penser !... Mais à une condition ! Donnant, donnant ! (il frappe la table de la paume de sa main) Vous m'avez parlé tous les deux d'un copain qui vous fait de temps en temps des expertises de tableau à l'oeil .
  •  
  • LAURE , son chat dans les bras
    Ah ! Oui... C'est ALBERT, mais ce n'est pas un ami ! D'ailleurs, c'est lui qui a expertisé les trois tableaux que Denio nous a vendu sous le manteau... On les a revendus tout de suite à une femme qui vient souvent au marché... Surtout le samedi-matin très tôt, lorsque les marchands viennent fouiner...
  •  
  • DENIO , se grattant la tête
    Je sais ... Tu me l'as déjà dit, Laure !
  •  
  • GEORGES , satisfait de lui-même
    C'est la même que j'ai accroché pour mes miniatures... Elle est mignonne d'ailleurs... Elle vient d'Angers, je crois... Elle n'est pas marchande ! C'est une collectionneuse... Ou son mari, je ne sais plus...
  •  
  • LAURE , légèrement vexée
    Oui... En fait, Albert n'est pas une rencontre des puces... Je l'ai vu la première fois à la Chambre du Commerce. Lui venait retirer un extrait de K.Bis et moi enregistrer mon activité... De temps en temps, je l'appelle ... Il a un pas de porte dans le 17ème et il travaille à l'import export avec les puces de Saint-Ouen !
  •  
  • GEORGES , l'ironie aux bouts des lèvres
    Je suis sûr que tu sauras lui dire avec tes beaux yeux !
  •  
  • LAURE , essaye de comprendre
    C'est pour la toile que vous avez trouvé , et vous voulez une expertise gratos...

 

GEORGES acquiesce de la tête et échange un regard avec Denio...

 

  • GEORGES , à LAURE
    On ne peut rien te cacher... Je te laisse le tableau et tu t'en occupes. (à Vivien) La semaine prochaine, on fera une bouffe chez moi, je vous invite... OK ?... (à Denio) On sortiras la nappe, un vieux Bourgogne et j'ai un lièvre au congélateur que j'ai tiré, il y a une quinzaine dans le Charolais. Toi, Denio, Tu me trouves des trompettes de la mort !....
  •  
  • DENIO , prend le chat des genoux de Laure
    Hum ! Un bon petit civet ...
  •  
  • VIVIEN , regardant son sandwich
    ça changera !

FONDU AU NOIR

- SEQ 12 - INT JOUR - PRISON : CANTINE.
Denio et Vivien sont attablés et mangent leur repas. On devine l'immensité de la salle et un grand nombre de détenus par un brouhaha terrible et résonnant. Nous nous dirigeons vers une fenêtre grillagée qui nous invite à nous échapper sur le monde extérieur.

 

SEQ 13 - EXT NUIT - MAISON GEORGES/MAISON LAURE.
Au loin, comme une photo d'art de maquette, Deux triporteurs sont garés face aux deux petites maisons mitoyennes. Il y a de la lumière chez Georges, nous nous dirigeons vers elle.

 

SEQ 14 - INT NUIT - MAISON GEORGES : SALON.
La pièce est cossue. Des bibelots et des tableaux sont accrochés aux murs. Une table dressée de quatre couverts. Des petites lampes en divers endroits, objets et mobiliers de brocante.

 

  • GEORGES , sur le seuil de la porte de la cuisine un plat à la main, de sa voix grave
    C'est prêt les enfants à table !

 

GEORGES traverse le salon jusqu'à la table où sont déjà attablés LAURE et VIVIEN. Il pose son plat sur la table. LAURE regarde le plat tout en se frottant les narines de l'index. Elle soulève le couvercle tout en regardant GEORGES.

 

  • LAURE , joueuse, regarde le civet et fait des yeux doux à GEORGES
    Je me méfie avec les chasseurs ...
  •  
  • GEORGES , lui sourit
    J'ai oublié le pain à la cuisine, tranche-le !.
  •  
  • DENIO , off
    Bouge pas, j'y vais !...
  •  
  • GEORGES , à LAURE
    Alors ce tableau ?
  •  
  • LAURE , en prenant du pain
    Il l'a expertisé et estimé à plusieurs milliers de francs
  •  
  • GEORGES , méfiant tout en servant du vin dans chaque verre
    Qui ? Ton ami, ALBERT !...
  •  
  • LAURE , agacée, tout en vidant sa tranche de pain de sa mie
    C'est pas mon ami ! Lorsque j'ai récupéré la toile, je suis tombée par hasard sur cette femme collectionneuse... On est allée boire un pot ensemble et on a fini au resto... Elle est symphat... Elle m'a dit qu'elle hésitait encore pour les petits camions car elle ne savait pas si elle se lançait aussi dans les miniatures... Enfin voilà, elle a regardé le tableau... Elle est très intéressée et elle était prêt à me l'acheter...
  •  
  • GEORGES , surpris tout en découpant le lièvre
    Ah ! Bon !... Mais tu
  •  
  • LAURE , lui coupe la parole
    Rassures-toi, je ne l'ai pas fait !...

 

GEORGES sert à VIVIEN un morceau de civet ...

 

  • VIVIEN , à GEORGES
    Vous avez le cul bordé de nouilles tous les deux !
  •  
  • GEORGES , en servant LAURE
    Tu vois, Les monstres, je te l'ai toujours dit ! C'est payant !!...
  •  
  • LAURE ,
    Si t'arranges le coup avec les charpentiers ! Je te l'achète !
  •  
  • GEORGES , cherchant DENIO du regard
    Tu fais office de garde-meuble ! Le paravent... Le tableau...T'as un petit écureuil collé au plafond, toi !
  •  
  • LAURE , grimace
    Tes plaisanteries douteuses !

 

VIVIEN tend l'assiette de Denio à GEORGES qui le cherche du regard une nouvel fois.

 

  • GEORGES , indiquant de la tête VIVIEN
    Hé ! On connaît pas ces fantasmes à celui-là ! (il sourit) T'imagines la caisse d'épargne dotée d'une petite écureuil en porte-jarretelles ! On vous revigore la chaussette pour moins que ça ! (il éclate de rire, d'un rire gras)
  •  
  • VIVIEN , à GEORGES
    Qu'est-ce qu'il fait Denio ?
  •  
  • GEORGES , crie en direction de la cuisine
    Oh ! Denio !... Le couteau à pain est dans le tiroir du vaisselier ...

 
- SEQ 15 - INT NUIT - MAISON GEORGES : CUISINE.
De dos, Denio recule vers nous la main droite à la bouche comme si quelque chose le terrifiait. Nous découvrons à travers les carreaux de la porte de la cuisine donnant sur la cour arrière, l'arrière train du chien de Georges la queue balayant l'espace, il gratte la porte...

 

  • DENIO , horrifié
    Aïe, aïe, aïe !...
  •  

- SEQ 16 - INT NUIT - MAISON GEORGES - SALON.
LAURE, VIVIEN et GEORGES attablés...

  •  
  • LAURE , à VIVIEN
    Vivien, vas voir Denio à la cuisine !... Il ne doit pas trouver !...
  •  
  • GEORGES , se lève
    Attends, j'y vais !...

 

- SEQ 17 - INT NUIT - MAISON GEORGES : CUISINE.
La porte de la cuisine s'entrouvre, la tête de GEORGES surgit...

 

  • GEORGES , surpris
    Hé, ça va pas, Denio ?... T'es tout pâle !...
  •  
  • DENIO , affolé
    Vite ferme la porte ! Ferme la porte !... Si tu savais ce qui arrive !...
  •  
  • GEORGES , refermant la porte, d'un air étonné
    Quoi ?!...
  •  
  • DENIO , montre du doigt le vaisselier
    Regarde en bas dans le vaisselier !

 

La porte du vaisselier s'ouvre. Le chat de Laure est mort, recouvert de boue et allongé sur une pile d'assiettes.

 

- SEQ 18 - EXT JOUR - MARCHE AUX PUCES.
GEORGES et DENIO sont à leur stand.

  • GEORGES , inquiet
    Vivien et Laure ne sont pas venus ce matin installer leur stand . Depuis la semaine dernière, pas de nouvelle !
  •  
  • DENIO , tendu
    Tu crois que c'est à cause du chat ?...
  •  
  • GEORGES , forçant un sourire
    C'est la première fois de ma vie que je fais une mise en plis à un chat !... Et mort en plus...
  •  
  • DENIO ,
    Tu parles ! On y a passé deux heures, à le nettoyer, le bichonner, le brosser... Ah ! Si tu avais vu ma tête quand je me suis retrouvé dans ta cuisine... Ton chien se dandinant dans tous les sens , le chat de Laure dans sa gueule !... J'étais mal... AÏe, aïe, aïe !...
  •  
  • GEORGES , se grattant le front
    Purée ! Tu crois qu'ils se doutent de quelque chose !... Pendant le repas j'avais les mandibules qui crispaient jaunes !....
  •  
  • DENIO ,
    Et le tableau ?!...
  •  
  • GEORGES , grimace
    Ils l'ont toujours !
  •  
  • DENIO ,
    Merde !

Ils s'observent en silence. DENIO fronce des sourcils et interroge d'un regard soupçonneux Georges, puis se ravise comme si il faisait erreur.

 

  • DENIO
    Quand je suis parti, tu as bien mis le chat dans la cour ?
  •  
  • GEORGES , hausse les épaules
    La nuit même, je te l'ai déjà dit au téléphone cinquante fois ! Vers quatre heures du matin... Ils n'ont pas pu me voir... Ils dormaient, tout était éteint !

 

Un couple s'intéresse aux miniatures exposées... Georges et DENIO les observent... Le couple repart...

 

  • DENIO , à voix basse observant le couple s'éloigner
    Mais qu'est-ce qu'ils foutent, bon sang !
  •  
  • GEORGES , le regard fuyant
    Deux jours après le repas, j'ai aperçu de la fenêtre Vivien dans son jardin... Il était bizarre... Le regard vide... Tu sais, un peu mystique ...
  •  
  • DENIO , énervé
    M'enfin ! C'est qu'un chat quand même !
  •  
  • GEORGES , un sourcil au dessus de l'autre
    Je les ai appelés plusieurs fois... Mais je n'ai eu que le répondeur... (il hésite ,prend Denio par l'épaule et l'emmène au fond du stand, le dos aux étalages) Avant-hier, c'est Laure qui a décroché.
  •  
  • DENIO , fronce les sourcils
    C'est quoi cette embrouille ! ( il recule la tête essayant de comprendre ) Tu me dis ça maintenant ! (il hausse le ton) Qu'est-ce que tu attends !!...
  •  
  • GEORGES , balaye ces questions de la main
    Elle m'a dit qu'elle nous vendait le paravent... Et qu'elle ne voulait plus le voir chez eux... Et qu'en plus
  •  
  • DENIO , le coupe
    Quoi ?!...
  •  
  • GEORGES , gèné
    ... Ils ont déjà vendu le tableau à cette Femme dont elle nous a parlé ... Celle des miniatures...
  •  
  • DENIO , à moitié rassuré
    Ah ! Oui je me souviens... Mais ils sont gonflés quand-même, il est à nous !
  •  
  • GEORGES , se remémorisant Laure au téléphonne
    Elle était bizarre au téléphone, presque atone... J'ai pas osé demander des nouvelles de Vivien... De plus, elle m'a dit que depuis qu'ils avaient ce paravent, c'était la loi des séries ! Que des emmerdes ! Enfin vraiment bizarre la minette... Je suis inquiet ...
  •  
  • DENIO , en se frottant les mains
    Elle n'a pas parlé du chat et on a le paravant ! Leurs états d'âme moi j'm'en tape !!...
  •  
  • DIANE OFF (identique seq 7)
    Le camion de pompier, c'est combien ?!
  •  
  • GEORGES , se retournant
    700 francs, le car métallique (son visage se décompose)

 

Le regard de DIANE se dirige en direction de DENIO. DIANE a dans la main le tableau de Denio et elle est accompagnée de VIVIEN , menottes aux poignets, et de deux policiers en tenue.

 

  • DIANE , leur montre le tableau
    Vous connaissez l'origine de ce tableau, messieurs !!

 

DIANE fait un signe à l'un des deux agent qui ouvre la fermeture éclair d'un gros porte-documents. L'agent lui donne. DIANE en retire trois tableaux, des portraits. Elle les déballe bien en vue sur l'étalage. Des badauds se regroupent autour d'eux en observant la scène et les tableaux.

 

  • DIANE , d'un regard fixe sur DENIO
    Et ceux-ci, vous en connaissez l'origine ?

 

DENIO interloqué, écarquille les yeux . FONDU ENCHAINE

 

- SEQ 19 - INT JOUR - PRISON :CELLULE.
Denio relève le regard ... Il est assis au sol des cartes à jouer à la main. DENIO et VIVIEN sont assis tous les deux aux sol, VIVIEN a un petit tas de carte sur sa gauche.

 

  • VIVIEN , en posant une carte
    Atout coeur
  •  
  • DENIO , joue
    T'es cocu, toi !
  •  
  • VIVIEN , en ramassant les cartes et en les posant sur son tas
    Avec Laure qui est dehors, c'est plutôt de mauvais goût !... (il joue sa dernière carte)
  •  
  • DENIO , pose sa carte
    Pleure mon pote ! Toi, il y a quelqu'un qui t'attends !
  •  
  • VIVIEN , ramasse les cartes, les pose sur son tas et bat le jeu
    Je ne sais pas ce qu'elle fait ... Je n'ai pas eu de courrier depuis deux mois !... Je peux te dire quelque chose Denio ?...
  •  
  • DENIO , reculant pour se caller contre le lit
    Accouche !
  •  
  • VIVIEN , pose le jeu contre son coeur
    C'est spécial !...
  •  
  • DENIO , gesticulant des bras
    Tu ne vas pas me remettre le coup des tableaux sur le tapis une nouvelle fois ! ça va, j'ai donné ! Et refourguer de la marchandise à la poulaille !
  •  
  • VIVIEN , pose les cartes au sol face à lui
    C'est toi l'inconscient . On ne refile pas de la came vérolée à des jeunes qui débutent dans le métier. Bien qu'ils étaient beaux tes faux, tu as du talent quand même !
  •  
  • DENIO , trés fier de lui
    C'est toute la différence qu'il y a entre la fac d'histoire de l'Art , les écoles des beaux Arts et la rue ! La fac, c'est l'art de la suffisance du savoir, les nouveaux conservateurs. Les écoles, c'est l'art de savoir jouer les apprentis sorciers ! Et nous la rue , c'est l'art de la mayonnaise ! Une petite dose de matière grise en suspension dans une grosse démerde ! Une émulsion en quelque sorte ! Les premiers organisent, les deuxièmes signent et nous (en formant un oeilleton avec son index et son pouce ) on ajuste !!...
  •  
  • VIVIEN ,
    Oui ! Mais Laure est en liberté et toi tu l'as dans l'os ! (sience)... (puis timidement avec culpabilité ) Tu es mon ami, Denio ?
  •  
  • DENIO , légèrement vexé
    Il paraît !!...
  •  
  • VIVIEN , baisse la tête
    Tu sais le soir ou on a mangé le lièvre chez Georges... Tu te souviens Denio ?!...
  •  
  • DENIO , fronce les sourcils
    Ben... Ouais...
  •  
  • VIVIEN , regardant au plafond
    Et bien , après lorsqu'on est rentré avec Laure...
  •  
  • DENIO , le regard fuyant
    Et bien quoi ?
  •  
  • VIVIEN , baissant les yeux
    On a trouvé le lendemain matin notre chat mort vers la balançoire !
  •  
  • DENIO , balayant de la main
    Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ! Un chat, c'est un chat !...
  •  
  • VIVIEN , donne un léger coup dans le jeu de revers de la main, les cartes s'éparpillent
    Il était mort ! ( comme à lui-même) là ! C'est incroyable ! le poil tout gonflé et qui brillait. Mêmes ces babines étaient propres !...
  •  
  • DENIO , sur un ton légèrement agressif
    Et alors ... Ton chartreux , c'était pas un chat de gouttière !
  •  
  • VIVIEN ,
    J'y comprends rien... Rien . (il regarde DENIO fixement)
  •  
  • DENIO , baisse les yeux
    C'est pas parce que ton est mort qu'il fallait péter les plombs, mon pote !
  •  
  • VIVIEN , les yeux baissé
    Ce que l'on a pu être mal avec Laure... Elle avait des angoisses tous les jours et moi aussi. Quand Laure a pris la maison, elle n'y a pas pensé ! Tu comprends, son chat Jim, c'était un chat d'appartement ! Elle le laissait aller à sa guise dehors et ça n'a pas manqué, il s'est fait renversé. Mais le plus terrible !... (il regarde Denio) Tu me jures que tu ne le diras à personne ! (il rebaisse les yeux)Notre chat avec ses poils tous propres, luisant comme un soleil sous notre balançoire alors que la veille je l'avais enterré dans l'autre cour derrière notre maison !!

 

DENIO ouvre les yeux, la bouche grande ouverte qu'il couvre de sa main gauche et simultanément VIVIEN, culpabilisé, est stoppé par l'arrêt sur image au moment même où il redresse son regard dans sa direction.

ARRET SUR IMAGE. « Huit mois plus tard »...

lire la suite au prochain épisode...

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Vendredi 30 janvier 1998 5 30 /01 /1998 18:00

Iame où l'oeuvre inachevée Roman Page n°2 de Lili-oto

  

I
am
 
où 
l'oeuvre inachevée


Roman 

Lili-oto




-




Autoédition

Edité par l'artiste sur le net

gratuit et épisodique



Art Contemporain
livre
net Art/web Art



 

 

 

 

ROMAN PAGE n°2  (voir lien en bas de cette page pour la page n°1)

  

          Surseoir à statuer ! Seul juge, le Temps, se dessaisira pour les générations futures aptes uniquement à établir le montant des griefs et des préjudices créés par l'attitude faussement élitiste de ces fonctionnaires emphatiques et sentencieux de culture à la pompe rose dans ses contours et arriviste dans l'âme! Si les Musées d'Art Contemporain sont bien la volonté de l'état et donc du peuple, il y a griefs et préjudices lorsque des voix contredisent cette perception nombriliste et mégalomane de la fonction d'état... Seul les artistes avaient compétence en ce domaine et si une partie d'entre eux valorisait une autre approche de la charnière Art et Culture, c'est à eux seuls qu'en revenait la primeur... Lorsque élus de tout bord épaulaient de nouvelles émergences artistiques coopérant avec des fonctionnaires plus que zélés dans l'attribution d'aides et subventions, nous ne dirons pas qu'ils furent ni des voyous ou des concurrents déloyaux usant des deniers de l'état pour affirmer leur seul choix cultureux afin de légitimer leur petit pouvoir de merde... N'allons pas si loin ! Soyons savant et poli, sanctionnons ces vingt dernières années qui boucleront ce siècle de culture de litispendance... Ces artistes ont existé comme ces musées et ils sont saisis tous deux du même objet, l'Art, mais sous deux juridiction différentes, aux premiers la liberté et aux second l'appareil d'état... Ce qu'il restera des premiers sera réduit à une peau de chagrin car leur patrimoine volatilisé aux grès des créances et des créanciers, au pire à l'autodestruction, entravera le bonne démarche de l'histoire de l'art et de son état des lieux, crise oblige! Des seconds, l'histoire confortera cette idée prédominante de la culture sur l'art. Cultures qui ont toujours le reflet des pouvoirs ou contre-pouvoirs, cultures tissées de réseaux honorifiques charpentés d'honoraires à la solde des ordres...

 

Lorsque Yame a l'impression d'emmener avec elle cet odeur de plastique chauffé, que son corps et ses vêtements en sont totalement imprégnés... Elle stoppe!

 

Lorsque la chute arrive, elle a l'impression d'avoir mangé son rêve. Dans cet état, elle est aigrie et agressive. Yame n'aime plus manger ses rêves. Ses doigts sont fatigués d'avoir jonglé avec le clavier de sa vieille machine à écrire. Ses pieds parfument la pièce. Son slip court le long de ses jambes, un frisson parcourt son bas ventre à la pensée de son corps.

Elle s'enfonce dans les draps. Elle le voit caressant son clitoris... Sous la pression de quelques gémissements ses cils s'entrelacent... Son coeur sursaute ! Le communicant sonne, c'est lui !

 

- Je viens de voir ma tante

- Oui...

- Samedi... Pour sa fête... J'invite des amis... Tu crois que je peux inviter...

- Bien sûr ! Ce sont mes amis donc tes amis... >>. Silence... Elle cherche ses mots...

Je t'aime bien ! Je ne peux pas inviter tes amis sans t'inviter !". Silence fatal... Elle raccroche. Désagréable... Insomnie.

 

Attente... La radio s'est éteinte... Le central est au repos. Deux chauffeurs montent à l'arrière de son véhicule, Yame est en tête de station. Saint Paul, La stations des Babas, la station des fumeurs de pétards, la station des bringueurs, la station des couches tard, la station des gays... Une station de taxi singulière différentes de celles de la place des Terreaux , des Jacobins ou de Bellecour... Une station quoi ! Elle a l'indicatif rouge trente huit. Longue discussion sur les problèmes du job... Et les loueurs... Et les loueurs... Toujours la même rengaine : "Des enculés!". Lassant à la fin ! Un appel à la radio, Giorgio m'envoie la sauce, c'est pour moi !. Les copains descendent, le diesel ronfle et la ville en sommeil sniffe une fois de plus mon petit coup de soupape... Yame remonte les quais, les immeubles obliquent sous l'aplomb de son phare gauche. Réverbères, signalétiques et enseignes brisent ses lumières et déforment ses pupilles... D'un régime à l'autre, hanches, pédales et levier guident son contrôle des poids et des mesures d'un cachet plombé des taxes et détaxes... Résidence d'utilité publique en boîte de conserve que d'autres au pied des vitrines de l'avenue de la Grande Armée, étoilent de leur généreux décolletés, l'indispensable légèreté de l'être dont Foch fut aussi assiégée. Lyon discrète ventile. Paris poète, triangule.

 

C'est une cliente... Elle attend dans le hall d'entrée. Elle est mignonne, trente ans, une belle brune. Elle a un peu bu. Ses sourires sont généreux. Quelques mots agréables et elles foncent à travers la banlieue. Bonne course, banlieue à banlieue! Feu rouge. leurs yeux se croisent dans le rétroviseur. la cliente se penche entre les deux dossiers obligeant son bassin à un écart digne d'un phallique coup de coude de Yame. Elle rit.

- Vous travaillez toujours la nuit ?

- Oui... Toujours

- Vous n'avez pas peur ?

- De quoi ?

- Que sa porte atteinte à ta virilité!". Sa main caresse la queue de cheval de Yame ...

- Non !

Sourires... Regards croisés... Le v de ses hanches s'offre généreusement au coude de Yame. Yame hésite un instant à retirer sa main du levier de vitesse...

- C'est quoi les fantasmes d'une chauffeuse de taxi ?

Silence... Regards... Complicité... Elle fait glisser la queue de cheval de Yame dans le creux de sa main. Yame sent les articulations de ses doigts courir le long de sa nuque... Frissons.

"C'est quoi ?" Elle insiste fortement et ce répète... Ses yeux sont rieurs, Yame capitule... Un silence habité d'émotion et d'obsession...

Aussitôt dit, aussitôt fait. Petite cliente charmante au slip bleu clair à mi mollets et d'une petite fleur bien brune éclairée dans les intermittences des réverbères. Son regard fouine le visage de Yame à travers le rétroviseur et feint de se poser sur ses lèvres puis interroge ses pupilles... Le cadre s'est fait de lui-même, déformant légèrement la réalité et se retranchant dans un angle de fuite saillant la perspective vissée dans ses feux. Les doigts de la jeune femme tournent autour de son bien-être... Yame arrête son compteur, le slip s'engouffre sous sa jupe. Elle se penche de nouveau et pose ses lèvres sur la joue de Yame. Son regard est perturbé, elle règle sa course et du bout de l'index elle découpe la buée de sa vitre tout en me souriant. Du cheminement de son doigt une fesse se lie à une autre tout en formant un coeur. Dehors sa main me fait un léger signe d'adieu comme une pétale grisant l'espace, voilure d'une éphémère amertume. Sa sensualité s'est engouffré en moi jonglant du présent comme l'onde d'un pinceau. De profundis...

 

La mémoire du peintre se refuse à la matérialité de son oeuvre, basique moment que de donner, de vendre ou de faire état !...

 

Il est dix-huit heures. Yame attend toujours son éventuel coup de téléphone. Alerte ! Elle décroche. C'est Tatoue, elle veut voir ses sculptures dans son atelier. Problème de couleurs, elle en veut une pour son restaurant. Yame la comprend... Elle est brésilienne, le soleil c'est sacré et bien sûr son spectre aussi. << Impossible ! J'attends un appel et je dois nourrir le clavier de ma machine, salut ! >>

Neuf heures quinze, toujours rien ! Il faut lui écrire. Elle change de feuilles... Malaises... << Mon... >> Non ! << Mon... >> Le correcteur aura le dernier mot, un blanc !

Doucement... Il plongea ses mains entre ses côtes

tout en prenant soin de ne pas blesser ses chairs

et il pris entre ses doigts ce petit poulpe.

Ecartant un à un tous ces minuscules canaux

qui lui influait la vie dans ce corps

si subitement inhabité.

Ses yeux se sont mouillés, ses tempes palpitaient.

Une multitude de paillettes scintillaient.

Au contact de son coeur, ses mains retrouvèrent

La chaleur de son corps qu'il avait si soudainement oublié. Chacun de ses soubresauts laissaient place a de petits échos ne reflétant que le bruissement

d'un son qui fut et qui se perd dans l'attente, l'attente...

Les échos s'accumulaient bousculant les différents mouvements du tempo et obligeaient son coeur à d'imperceptibles toussotements...

Son regard caressait cette fine pellicule

parsemée d'infimes gerçures;

son coeur avait eu froid...

Réfugié dans la pénombre, il avait manqué

à ce que l'on doit à soi-même.

Les bienfaits d'un regard

qui vient se poser dans

ces deux petites palettes

de gris et de bleu

surteintées

d'un léger

soupçon de

jaune...

 

Yame se lève et bondi jusqu'à la cuisine. Portes, frigo, placards rebondissent de vide, seul et émietté, perdu dans la corbeille en osier posée sur la table, le reste d'un pain sec. Quelques sucres et le pot de moutarde feront l'affaire... Yame casse un morceau de pain qu'elle trempe dans le pot de moutarde et qu'elle engloutit avec un sucre. Elle se baisse à hauteur du pot, plonge un sucre de moitié, le retire doucement et elle observe la petite bosse de moutarde dans l'intérieur du pot. Machinalement, elle donne le sucre à sa bouche qui grimace... Yame retourne à sa chaise de travail, prend sa guitare et chante n'importe quoi, histoire de se dire, de se dire...

- Mie marbre... Couleur moutarde... Blue red white sugar >>. Elle jette l'instrument sur son lit qui fait un bref passage dans le miroir et d'un ton dur et sans appel <<C'est vraiment plus possible ! >>. Elle recale une deuxième feuille sur le rouleau de la machine...

Alors...

Sa tête se redressa.

Ses yeux fouillèrent l'espace cherchant la source,

Ses poings se sont fermés et ses pupilles vibrèrent

de douleur...

Des cris rauques s'échappèrent l'obligeant

à écarter de plus en plus sa mâchoire

D'un geste brusque et violent,

il enfourna le poulpe dans sa bouche.

Un liquide chaud n'emmagasina dans sa gorge

ruisselant le long de ses lèvres

et sous l'impulsion d'un étouffement

La forme s'enfouit dans sa trachée.

Son coeur repris forme dans sa cavité

et sur ses lèvres l'on pouvait lire

qu'il y avait la volonté d'un sourire...

Tout autour de lui gisaient

des milliers de morceaux d'une image.

Votre visage qui tel un rayon de soleil

Sait faire la lumière dans mon atelier

Aux volets clos...

Je vous ai fait souffrir. Pardon.

 

Yame enferme les deux feuillets dans une enveloppe sur laquelle elle écrit son prénom et son nom. Elle prend une lame de rasoir dans le placard au dessus de l'évier puis s'allonge sur le canapé. Plus elle entaille les veines de son bras et moins elle a envie de partir. Alors, elle cesse. Elle se relève et tourne sur elle-même comme un conne... Sur le sol une ronde de goutte de sang encercle ses pieds. Elle les regardent et les souille du bout de sa chaussure. Puis elle retourne au placard tout en observant les traces de sang que ses semelles dessinent sur le carrelage. Elle se sent suivi, suivi par sa connerie... Elle entoure son poignet d'une bande et elle cherche dans la bibliothèque ce livre qu'elle lui avait emprunté tout en pensant à ce mot olibrius. Elle saisit le livre et en lit la postface comme si elle voulait l'apprendre par coeur. Ses yeux parcourent les mots machinalement. Au début lentement, puis de plus en plus vite : Angoisse. Annulation. Ascèse. Atopos. Attente. Cacher. Casés. Catastrophe. Circonscrire. Coeur. Comblement. Compassion. Comprendre. Conduite. Connivence. Contacts. Contingences. Corps. Déclaration. Dédicace. Démons. Dépendance... Dépendance, page quatre vingt dix sept ; figure dans laquelle l'opinion voit la condition même du sujet amoureux, asservi à l'objet aimé. Elle lit le contenu de deux autres figures puis elle s'endort. Le lendemain matin, le livre était encore sur son oreiller. Elle range les fragments d'un discours amoureux de Roland. Barthes entre Femmes et les carnets de la drôle de guerre pris eux-mêmes en sandwich entre la Disparition et L'espace du dedans. Lorsque son regard quitte les rayons, la couverture en papier du Voyeur heurte ses pensées. Sont-ils morts et tous vivants ? On y perd son latin et la notion de temps mais pas l'idée de perte... Pourtant sa pensée se double d'une tragédie : Aliénons ou transférons le vécu. Elle est heureuse de cette formule; Aliénons ou transférons le vécu ! Mais elle ne sait pas ce que ça veut dire... Moi non plus d'ailleurs, elle me pose une colle... Elle se gratte le nez car son sexe la démange... De toute façon, elle a le sexe omniprésent surtout si elle est amoureuse. Elle voudrait que le sexe de son amour soit toujours en elle, bien au chaud dans du mouillé et du très doux... Elle pense que le contact de son sexe féminin qui sourit à l'homme qu'elle aime a une texture, un touché qui est une effervescence câline dont la nature n'a pas d'équivalent.!.... Le tangible n'est-il pas cet acte déjà mort ou encore vivant confiné dans le réservoir d'une touffe de poils ! Un pinceau c'est le sexe d'un mec monté par une petite fleur, c'est unisexe... Et un balai! C'est l'antichambre de l'amour... Par contre l'urgence... On frappe à sa porte. C'est Pierre, un dossier à la main. Elle se dit : J'aimerai donné plus de réalité à mes sentiments en les recouvrant de peinture... Donc mes sentiments sont dessinés et la peinture les enveloppe. D'où la peinture a une mission que la forme ou le trait n'ont pas. Pourquoi ?

- J'ai commencé à taper ton projet, regarde ! >>. Yame ouvre la pochette, surprise !

- Je suis heureuse, c'est superbe ! Tu as travaillé après tes heures de boulot !

Pendant qu'elle feuillette les textes, Yame sent le regard de Pierre fureter le travers sa manche et essayer de décrypter son bandage. Ils finissent ensembles Chez lui. Discussion... Une de ses amies téléphone, il prend le combiné et à chaque réponse Pierre associe Yame à son quotidien en appuyant fortement sur le on et le nous. Une heure après, il est de nouveau question de leur séparation. Elle s'endort son bras droit sous son cou, l'autre entre ses deux mains qu'il sert avec force. Insomnie agréable...

 

Mardi soir. La tequila coule à flot. Yame a rendez-vous avec un pote taxi Vert quatorze dans un restaurant mexicain. Il y a une odeur de fête : sourires, embrassades, jeux de regards croisés, pantalons moulants, cuir, sous-vêtements segmentaires, lèvres grasses et des formes à profusion... Elle embarque une bouteille qui traîne sur une table en direction d'un nouveau bar que Vert quatorze veut à tout pris lui faire visiter. Découverte d'un nouvel espace, Yame offre à boire à tous ceux qui le désirent et elle finit la bouteille avec Gris trente neuf retrouvé en ces lieux dans un état déjà bien avancé. Une des patronnes vient, gênée par la générosité de yame à l'égard de sa clientèle. Elle est jeune et très belle, un personnage des années dix, fortement maquillée au charme d'un Blaue Reiter digne des princesses d'un Gabrielle Münter. De toute façon Yame est trop ivre pour accepter des toute forme de reproche. La jeune femme capitule très vite parce qu'elle rit et qu'elle avait envie de rire. Yame sait que les femmes l'attirent, elle a tout le temps envie de leur téter les seins. Elle rêve de se caresser le clitoris sur un téton bien fourni mais elle ne le fera pas car elle a peur de voir ses fantasmes mourir. Elle refuse de les transgresser et les garde bien en elle et uniquement pour elle. Elles font connaissance. Sous la pression, la tequila l'excite. Au levé du jour, avec Vert quatorze elle finit dans un pub métal; rockers, rappeurs, dealers, voyous, macros, musique violente, regards agressifs, cuisses, fessiers, fentes poitrinaires, tétons surdosés et mains. Sida, lames et calibres ne font qu'un mariés à l'indispensable asticot du box office, ce cher Mezcal. Ici, ni maghrébines ni belles beurettes mais va te faire foutre, trompe toi et leurs mecs te le feront vite savoir... Faire du social équivaut à faire de la retape, tu n'es ni blanc, ni noir, ni jaune ou métèque. Autochtones ou déracinés, hommes ou femmes tous dans le même wagon, on ne se cherche pas, on se trouve ! Il n'y a pas de paumés, mais des paroles vissées ou la main d'un deal et si ta gueule se plante au zinc c'est que tu y as ta place sinon tu dégages. Coucou romantisme et lyrisme, esprit es-tu là ? Vital et essentiel ou tout simplement existentiel lorsque la lame du rasoir te rappelle que la peau du menton est tendre et douce. La haine a ses codes dont tu te dois de respecter les règles, sinon... Manque plus que Virginie mais où est la belle Virginie la savante chienne de la pente? Vert quatorze rentre chez lui en voiture pour rejoindre son amie. Il réalise qu'il est trop ivre, fait demi-tour mais il renverse sa caisse sur les deux portes en heurtant le trottoir à l'angle de l'hôtel de ville, figure rare et cotée au pénal. Entre temps, Yame laisse son vieux pote Gris trente neuf. Gris trente neuf, c'est le poète-taxi-trotsko-pabliste-cégétiste et délégué. Polo se suicidera quelques jours après, ce fut leur dernière rencontre et peut-être sa dernière visite... Ces derniers temps, il ne signait plus ses chèques dans les restaurants mais mentionnait : à adresser à Gorbatchev au Kremlin... Le mur, Gris trente neuf, Polo ou Gorbatchev nous laisseront que des vagues dans l'âme, pleine ou creuse c'est selon la porte! 


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biennale de Lyon 2009 ( art )

Vous pouvez vous rendre sur le site de la biennale d'art contemporain Out de Lyon 2009 contre le biennale officielle de Lyon 2009 et contre Thierry raspail. Vous trouverez un texte sur la véritable définition du sigle "art contemporain", un texte de Lili-oto de trente pages intitulé "art contemporain: concept "confus" ou non à la préfigutation culturelle du post-fascisme globaliste et mondialiste", un texte fondamental critique, politique et esthétique que vous ne trouverez dans aucune revue d'art ou dans aucun livre critique ou livre sur l'esthétique et la création contemporaine et sur l'art contemporain dans le monde. 

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Lien avec la Biennale de Lyon Out 2009, français et anglais

 

Lyon Biennial of Contemporary Art Out

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Art et sciences: Nouvelle Relativité mouvement artistique:

"l'audace est de tirer la langue à Einstein et ses théories sur la relativité"
 
Les scientifiques recherchent de nouveaux systèmes de représentation alors que nous artistes bien modestement recherchons uniquement de nouvelles figures de la représentation. J’ai fondé il y a trois ans un mouvement artistique « la Nouvelle relativité », cette étude en est le miroir.

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Le mouvement artistique de la Nouvelle Relativité réfute le concept art contemporain qui n'est qu'un label mis en place par les galeristes américains pour des raisons marchandes et commerciales malgré la propagande française et ses mensonges à ce sujet car il est bien évident que l'utilisation de l'argent public à des fins commerciales est condamnable politiquement et culturellement et favorise les délits d'initiés, les conflits d'intérêts et la main mise de réseaux véreux, fermés et sectaires sur la création contemporaine. Comme le mouvement artistique Dada, la Nouvelle Relativité s’oppose à toute forme de contraintes politiques, idéologiques, sectaires, sur la création artistique. Et comme Dada, La Nouvelle Relativité défend la tradition libertaire dans la création artistique, c'est-à-dire une pratique artistique dans une liberté absolue. Comme son nom l'indique, ce mouvement artistique relativise les frictions conceptuelles dans l’art, conteste et balaye la notion de rupture artistique (notion totalement ridicule, sectaire et puritaine)...

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