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L'art contemporain est-il un style de vie ? Réponse.

par lili-oto artiste plasticien / art contemporain 15 Septembre 2014, 16:34 artiste plasticien

Être artiste est-il un style de vie ? L'art contemporain est-il un style de vie ? Pour qui ? Pour quoi ? En quoi ? Au nom de quoi ? 

Dans les grandes kermesses de l’art contemporain en France comme à l’étranger, dans les foires internationales (marché de l’art contemporain), les biennales internationales comme la biennale d’art contemporain de Lyon, l’esthétique est devenue un spectacle diffus, une communication événementiel de l’inattendu dans l’espace public. Notre société dans sa financiarisation ou sa globalisation (mondialisation) néo libérale sollicite publiquement une référence à l’esthétique, une accréditation culturelle entrepreneuriale du « beau » et du non « beau » comme caution intellectuelle à la réflexion. Les grandes fortunes de ce monde, les financiers, les banquiers, les industriels ont une volonté publique : celle de nous afficher publiquement dans l’espace public (notre espace public),  leur choix culturels artistiques et leurs gouts esthétiques. Les grands de ce monde ont un avis, une opinion sur ce qui est beau, esthétique, créatif, de mode, tendance et culturel et comme notables, ils nous prescrivent après leur modèle économique autoritaire néo libéral, leurs modes spatio-temporelles de leur représentation du monde et parfois du sensible. 

Cet engagement public qui ressemble fort à du marketing, à un marketing culturel marchand et mercantile, à une pub égocentrée, est associé systématiquement à nos institutions publiques d’art contemporain financées par l’argent du contribuable ; musées d’art contemporain, biennales d’art contemporain, centre d’art, art et mécénat ou art et parrainage… De la vigne à l’industriel du coin, ils partagent tous cette farouche volonté d’être subventionnés pour organiser ou soutenir à l’organisation de ces grandes kermesses de l’art contemporain connectées à leurs marques, leurs images, leurs notoriétés, leurs réputations ou leurs avatars. 

Les riches, industriels, financiers, grands entrepreneurs monopolisent l’action publique en faveur de leurs choix en excellence artistique. C’est très sérieux et c’est toujours solennelle car à l’excellence entrepreneuriale se marie et se conjugue toujours à l’excellence ! Excellence culturelle, scientifique, journalistique, religieuse, philosophique, artistique, il suffit d’en être persuadé et d’en persuader les autres ! Ils monopolisent les budgets publics pourtant plongés dans l’austérité et ils affichent, imposent publiquement leurs propres codes de la distinction, leur noblesse culturelle avec des œuvres achetées à prix d’or mais exposées en France toujours au frais du contribuable. Qui a calculé le rapport ; achat coûteux d’une œuvre contemporaine, montant du financement public (payé par le contribuable) de sa diffusion publique encouragée dans la presse par des encarts publicitaires couteux au frais du contribuable et le coût réel de l’opération de markéting et des retombées financières qui les accompagnent ? Jamais d’étude à ce sujet au regard du citoyen lambda, ben voyons ! 

Aujourd’hui, les artistes plasticiens créateurs et auteurs libres (non institutionnels) dans l’art contemporain qui ne veulent pas participer à ces grandes messes artistiques en France associées à ces riches entrepreneurs car ils récusent tout forme de flirt avec les grands de ce monde et qu’ils ne veulent pas que leur art s’associe avec leurs images de dominants ou leurs marques ne sont plus subventionnés, plus soutenus par les institutions publiques, plus achetés dans les collections publiques depuis 25 ans. Ces artistes électrons libres ne sont plus soutenus par l’action publique, artistes décrétés indésirables par des technocrates en responsabilité des institutions d’art contemporain sous les ordres du gouvernement ou des collectivités territoriales. Pourtant, les pauvres, les salariés et la classe moyenne n’ont pas vocation à partager les dividendes des grandes fortunes pourquoi ils partageraient leurs goûts culturels luxurieux, fastueux, flamboyants ou l’art est synonyme de placements financiers en mode tendance, marketing, gold réputation et spéculation. Les grands de ce monde et les hommes politiques qu’ils financent sont-ils si radins et si sectaires qu’ils n’acceptent même plus en France que 99.9% de la population aient accès à la subvention publique pour divulguer leurs propres opinions, leurs propres amours sur la notion de culture, d’art, de création artistique. Les grands de ce monde et les hommes politiques qu’ils financent accompagnés de leurs oligarques technocrates, les gold technocrates comme la ministre de la culture Fleur Pellerin, ont-ils vraiment le droit à défaut d’éthique de monopoliser totalement l’espace public et globalement l’argent public pour servir uniquement leur propre propagande et leur marketing de classe, cette haute distinction publique d’appartenance.

Pourquoi finance-t-on les riches avec l’argent du contribuable alors qu’ils revendiquent tous les jours avec agressivité et désobligeance des mesures d’austérité contre la « chose publique ». Pourquoi les artistes libres, indépendants politiquement, artistiquement autonomes, affranchis de cette domination entrepreneuriale autoritaire n’ont-ils pas le droit aux aides publiques? Pourquoi les artistes libres et souvent talentueux qui ne se reconnaissent pas dans les apparats de l’opulence des possédants, qui ne s’identifient pas dans les avatars de leurs marques et de leurs modes de notables n’ont-ils pas le droit aux expositions publiques financées par l’argent public? An nom de qui et de quoi les millions d’euros que coûte une seule biennale d’art contemporain comme celle de Lyon (environ 10 millions d'euros), le financement d’un seul musée d’art contemporain, le coût onéreux de ces grandes kermesse nationales ou régionales d’art contemporain ne leur seraient jamais attribués à eux, artistes libres, alors qu’ils représentent la grande majorité des artistes plasticiens auteurs et créateurs en France et qu'ils flirtent tous les jours avec le citoyen lambda.

Les 99.9% de la population en France ont aussi le droit à la distinction. Ces 99.9% ont le droit au respect ! Et sans user de propagande populiste on peut rejeter l’affairisme politique qui engraisse certain nombre de politiciens avec leurs sales affaires, des affaires qui existent aussi dans l’art contemporain (évasion fiscale, délits de favoritisme, délits d’initié, conflits d’intérêts). La population lambda ne symbolise pas les « 99.9%-culture-kleenex » ou les « 99.9%-culture-PQ » de la « chose publique », une chose publique massacrée par les néo libéraux de droite comme par les sociaux-libéraux du Parti Socialiste ou l'extrême droite. Nous, les 99.9%, on sacrifie nos vies, on nous mutile en décapitant notre devenir, on nous désagrège en laminant notre postérité, et ils nous volent nos désirs souverains de culture, d’art, de liberté d’expression, de liberté de création et de liberté de diffusion. Les salariés, la classe moyenne, les intellectuels qui nous entourent, les professions libérales,  les maitres et professeurs, les pauvres, les chômeurs, et, les artistes libres (non institutionnels) ont le droit d’avoir aussi leurs expositions publiques, car il y a bien longtemps qu’au nom de l’optimisation fiscale les très riches ne paient plus leurs dus à la société.

Ces artistes plasticiens libres créateurs et auteurs en France ne se reconnaissent pas dans cette servitude volontaire aux dominants car c’est leur éthique, leur style de vie et ils ont le droit au respect, aux aides publiques, aux expositions publiques, aux achats institutionnels, à la conservation enrichissant ainsi notre patrimoine partagé et non celui d’un patrimoine privé à visées spéculatives de ces grandes fortunes de ce monde. Rendez-nous l’argent public que vous avez monopolisé et volé pour satisfaire uniquement vos égos surdimensionnés de roi-entrepreneurs, de roi-politiciens affairistes et de barons ou vidames gold technocrates de l'art ou de la culture.

 

Lili-oto artiste plasticien libre comme un flamand rose…

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