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Art contemporain, institutions et inquisition contemporaine

par lili oto artiste plasticien 7 Mars 2008, 22:30 création artistique

Nous sommes nombreux à nous poser de réelles questions sur le rôle de l’état et de ses mécanismes pour l’art contemporain et donc de ses artistes auteurs et créateurs en France. Les espaces de diffusions et les collections qui permettent aux artistes de montrer leur création contemporaine et de préserver leurs œuvres ont leurs propres juridictions selon un droit fort similaire à un droit canonique que l’on peut nommer droit esthétique, une juridiction qui émet des jugements selon des dogmes artistiques. Aujourd’hui les colloques organisés par ces juridictions sont fort similaires à des congrégations, il n’y a qu’à relire le contenu de certains colloques et la teneur des dialogues et des chefs d’accusations contre certains critiques qui ont osé s’élever dans leurs écrits contre cette juridiction. Une juridiction qui ne mâche pas ces mots à l’encontre de ceux qui contestent sa raison d’être et sa légitimité, on a vu des érudits de l’art se faire traîner dans la boue comme s’ils étaient des hérétiques accusés selon des méthodes similaires à l’inquisition. L’institution culturelle et artistique française a tout au long de ses 20 dernières années d’existence défini ses critères d’hérésie en art chassant les dissidents de son ordre établi car elle ne dépend pas comme sous l’inquisition religieuse d’une tutelle même si elle manipule de l’argent publique. Cette absence de tutelle a renforcé ces prérogatives contre les artistes et la création contemporaine sans en avoir à rendre compte à qui que se soit, une juridiction automne avec une hiérarchie pyramidale qui nomme elle-même aux postes clé ses futurs inquisiteurs et de ses futurs juges d’exception qui font et défont les artistes selon des modalités propres à des règles édictées par ses propres juridictions qui ne relèvent pas du droit ou d’une éventuelle cohésion sociale chez les artistes. Cette juridiction artistique institutionnelle est d’exception car elle est seule compétente pour juger la création contemporaine, les artistes ne pouvant pas faire appel de ses décisions devant les tribunaux et ses juges. Malgré la contestation grandissante chez les artistes contemporains, cette juridiction est impassible dans le temps même face à de graves crises qu’elle traverse, elle est immuable. Cette juridiction a le pouvoir d’excommunier les artistes de son institution et de son ordre au nom d’un ordre public qu’elle a échafaudé elle-même sans avoir eu à répondre devant le législateur. Son autorité dépasse les abus de l’inquisition religieuse car ses tribunaux se tiennent à huit clos et se passent des accusés et donc de tout système de défense. Sa principale mission est l’exclusion, des exclusions qui ne s’appuient sur aucun critère de jugement mais sur une certaine confusion esthétique dans l’art contemporain, une confusion qui prend valeur de vérité dans le domaine artistique et autoritaire.

On n’ose même pas imaginer ce que serait le monde du travail et l'univers des salariés dans les entreprises françaises s'ils étaient soumis comme les artistes à cette inquisition contemporaine.


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