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Art sans Art un musée au noir. Des musées d’art contemporain en France, Pourquoi et Pour qui ? Ancien Forum MDA maison des artistes.

par lili oto artiste plasticien 14 Janvier 2007, 15:00 Jeff Koons

ANCIEN FORUM MDA MAISON DES ARTISTES : intervention de lili-oto

- La question posée est une question de fond, aujourd’hui, doit-on financer des musées ou centres d’art ou doit on laisser l’initiative aux artistes plasticiens le soin de créer disons leur propre scène artistique, est-ce possible, avons-nous un pluralisme de propositions, etc... ? deuxième question : que veut dire patrimoine puisque musée ou Frac ont des collections...lili-oto

- Patrimoine et collections avec l’argent public, on a peut-être des comptes à nous rendre à ce sujet comme artistes et à tous les contribuables....lili-oto

- Pourquoi les artistes ne sont pas associés au décisions Musée, Frac ou Centres d’art contemporain, cette demande n’est pas une première, ça fait des années que les artistes l’éxigent comme le texte de l’UNESCO sur le statut de l’artiste le recommande... Lorsque les artistes y sont associés, ils sont nommés par ceux qui dirigent ce genre d’institution. Démocratie et institutions en art contemporain en France, il y a plus qu’un divorce, puisque il n’y a jamais eu de mariage.lili-oto

- La situation a quand même été le sujet de plusieurs livres avec des points de vue différents sur les institutions ou sur l’art contemporain en France...
 Philippe DAGEN, "La Haine de L’art". Jean-Philippe Domecq "Artistes sans art" ou "nouvelle introduction à l’art du 20e siècle" sans compter les essais critiques sur les Frac et d’autres livres...

- . Donc je suis bien sur le forum de la MDA avec un sujet art sans art musée au noir... un musée au noir vide de ses lumières / un musée au noir ou obscurantisme culturel / un musée au noir consumé par les flammes du consumérisme.... voilà on peut continuer la liste... lili-oto

- J’ai toujours été opposé à la notion de muséalité pour l’art contemporain donc je ne vais pas prendre la place d’un conservateur ou d’un directeur de musée... Berg !!!!lili-oto

- L’art contemporain est une "scène" vivante, certains artistes plasticiens ne se projettent pas dans l’appareil administratif culturel pas plus que dans les politiques de salon même indépendants, de toute façon, musées, centres d’art et Frac sont devenus des salons où les élus ont remplacé les bourgeois du 19è siecle...

- Par exemple nos différences dialoguées sur ce forum ne se retrouvent pas dans le magma institutionnel qui transforme les points de vue divergeants en un flux indolore... Ca fonctionne comme un laminoire qui estompe la diversité culturelle et la diversité artistique en un label institutionnel "Art Contemporain". C’est comme au Louvre, tu passes de salles en salles, de siècles en siècles, du précieux au plus précieux dans un flux qui te happe ou t’aspire... Pour être efficace au Louvre, il faut visiter avec des objectifs de visite bien précis. Par contre nous nous sommes vivants et nous n’avons rien à voir avec cette musaélité dans laquelle on veut nous canaliser... lili-oto

_ Avant le création des musées d’art contemporain, centres ou Frac c’est à dire deux grosses décennies, à vous entendre c’était un no man’s land... Si il y a eu quelque chose avant, il peut aussi avoir quelque chose après ces deux décennies, d’autres propositions, d’autres formes d’espaces de monstration, d’autres concepts d’expositions, etc...

- Yves Michaud dans son livre "L’art à l’état gazeux, essai sur le triomphe de l’esthétique" je le cite : "La meilleure stratégie de récupération de l’art du 20e siècle sera passée en fait par l’institution du musée où s’effectue la collecte de l’art en un espace qui le préserve, le sacralise mais aussi le stérilise et le rend inoffensif" je partage ce point de vue... Donc à nous de trouver d’autres moyens sachant qu’il est presque impossible financièrement de faire face à une institution qui vit grâce à nos impôts.Les générations futures auront-elles toujours un désir de musualité, les mêmes envies d’espaces de diffusion ou de monstration ? Seront-elles aussi soumises à l’omniprésence dans l’art contemporain français ? Ce qui fut et ce depuis un peu plus de 20 ans est-il scellé dans la pierre au point que toutes les nouvelles générations d’artistes plasticiens seront condamnées à la même politique culturelle ? Lili-oto.

- je continue de répondre et d’expliquer mon verbiage... . au sujet des musées ou centres d’art... Je pense qu’il y a quelque chose à inventer ou à réinventer en cherchant où il y a eu échec et ce n’est pas obligatoirement dans notre production artistique...

je continue de citer Yves Michaud dans "L’art à l’état gazeux, essai sur le triomphe de l’esthétique" : "Archiver, c’est trier pour garder l’essentiel qui fait sens et pourra à nouveau faire sens quand on en aura besoin.(...plus loin) "Non seulement la préservation signifiante est impossible dans le présent où tout se vaut, mais elle l’est a priori aussi à titre de tâche de rétrospective : la nature de l’archive fait de la réappréciation ou de la relecture de pures fictions. L’archive répète les conditions du présent et de son obsolescence. Réapprécier le passé en y produisant des hiérarchies et des perspectives nouvelles est impossible (...)" Puis il parle de la mode, je le cite "c’est la mode - qui est le sens d’un monde dépourvu de sens, la singularité signifiante d’un monde où il n’y a que des singularités insignifiantes. L’archive est donc forcément l’archive de la mode (...)" (un peu plus loin) " Si bien que la possibilité de relire l’histoire de l’art contemporain est trés limitée, pour ne pas dire nulle. Soit il s’agira d’exhumer les effets de mode en décidant de montrer avec une audace sidérante la rétrospective d’un artiste à la mode ou un regroupement thématique nouveau d’artistes déjà à la mode. C’est ce que font les musées et centre d’art à longueur de programmation. (...)

alors comment un artiste ou des artistes lancent une mode ?

On pourrait presque écrire la suite avec le livre de Jean-Philippe Domecq "Artistes sans art ?" je le cite au sujet des avant-gardes dans les années 70 ; "On reconnaît bien là une tendance par laquelle l’histoire des avant-gardes a pu s’autolégétimer et se perpétuer : l’historicisme. C’est à dire que chaque mouvement artistique est considéré comme significatif dés lors qu’il se distingue du précédent, sans préjuger du moyen par lequel il s’en distingue (...)". (un peu plus loin avec certainement une petite note d’humour) "On est dans le significatif perpétuel."

Alors sortons des musées, c’est ce qui a été déjà fait depuis longtemps !!!

Je continue de citer Jean-Philippe Domecq dans "Artiste sans art ?" au sujet d’un artiste que nous connaissons tous : "les artistes qui « interviennent in situ » sont, au bon sens du terme, des éveilleurs." (une solution qui nous sauve, je continue de le citer) "C’est à dire que leurs interventions désignent à notre attention tout ce que l’habitude gomme à nos yeux dans les lieux de la banalité quotidienne. Telle est leur fonction créatrice" (c’est une belle définition, je continue) "Elle a pour origine la remise en cause de l’art comme création sans conséquence sur la vie. La remise en cause également de l’oeuvre enclose et définie par l’institution." (pourtant avec la critique qui suit ce texte sur cet artiste connu, on comprend vite la limite de ce genre d’action, je continue de le citer et je remplace le nom de l’artiste en question par [@]) "Quand nous voyons ces rayures, le déclic mental se fait, aussi simpliste que son procédé : nous voyons [@].Loin de nous ouvrir les yeux sur le monde, [@] nous oblige à voir une marque, la marque [@], qui n’est pas de la lessive ni de voiture, mais d’artiste."(...) "Promouvoir une marque sans produit, un sigle sans autre référent que lui-même." Puis il nomme les responsables c’est à dire non pas les politiques mais ceux qui font l’opinion esthétique. (je rajoute : qui sont les mêmes que ceux qui légitiment les choix des musées...)

Alors allons au plus radical ?

"(...) le concept d’art doit remplacer le concept dégénéré de capital.(...) le capital c’est la dignité humaine et la créativité.(...) L’art est le capital.(...) Le capital, c’est la capacité humaine et ce qui en découle. (...) deux relations bipolaires : la créativité et l’intention de l’homme.(...) Grâce à un dialogue ininterrompu entre les hommes, cela peut-être sans cesse discuté, cela peut se transformer en une productivité infinie qui forme et transforme le monde et dans certaines circonstances construit un cosmos tout à fait nouveau et précisément ne le détruit pas". Joseph Beuys. Mais Beuys était dans les musées avec les faveurs de ceux qui font l’opinion esthétique et je pense à cette critique de jean-Philippe Domecq dans un autre livre "une nouvelle introduction à l’art du XXe siècle" en parlant de Artaud. Je le cite : "Artaud découvre donc, avec le théâtre balinais, que l’intellectualité d’un art est proportionnelle à sa subtilité sensible, alors que l’art occidental, selon lui, est menacé de pratiquer le contraire, c’est à dire l’ablation du sensible au profit de la seule cérébralité du projet." et un peu plus loin en parlant des mouvements conceptuel et minimal (années 70) il pose une question, je le cite : "Comment peut-on prétendre créer un concept nouveau sans en créer la forme nouvelle ?" (en en tirant une conclusion qui nous interpelle tous) " Constatons qu’en sectionnant l’idée et le faire, qui naissent l’un de l’autre lorsque l’oeuvre est forte, l’art conceptuel a reconduit l’une des plus discutables césures qu’ait opérée le christianisme : celle du corps et de l’esprit." et puis un peu plus loin, il parle de Joseph Beuys, je le cite : " nombre de manifestations de l’art fin de siècle évitèrent toute invention formelle, considérée comme une vieille lune, et proposèrent, à la place, des mises en scène aussi inventives qu’une mise à l’étal, muséal et allégorique : par exemple, le piano recouvert de feutre marqué de la croix rouge et les étalages de reliques personnelles de Joseph Beuys.". Il dit que cette pauvreté formelle est compensée par un appareillage de justification conceptuelle, généralement sociologique et biographique...etc... (je rajoute : il est paradoxale que des avant-gardes se définissant souvent dans les années 70 comme révolutionnaires ont revendiqué cette césure)

Le sujet du Forum est art sans art un musée au noir, bien sûr on pense au livre de J.P Domecq "artistes sans art". Aprés toute ces citations on doit mieux comprendre mon sujet sur le forum de la MDA. Pour reprendre J.P Domecq si nous voulons être des "éveilleurs" faut-ils gommer ceux qui font l’opinion esthétique ? Faut-ils gommer l’institution ? Pour être "éveilleurs", il ne faut pas renoncer à l’art, de pas renoncer à la part du sensible, ne pas renoncer à notre singularité qui fait que notre production artistique ne peut se réduire à un sigle et que ceux qui refusent cet idée puritaine de la séparation de l’idée et le faire puissent se faire entendre par de nouveaux "ceux" qui font l’opinion esthétique ( car il y en aura toujours) même si comme J.P Domecq le cite "l’art atteint le but qu’il n’a pas" (Benjamin Constant,journal). Malheureusement, nous vivons dans un pays où ces "ceux" sont soudés à leurs chaires, le concept d’un "saint-siège" du non sens.

En avons-nous les moyens nous artistes plasticiens, artistiquement et culturellement ? Quelle méthode, quelle stratégie ?

- Défendre nos intérêts d’artistes plasticiens face à des directeurs de musées ou de centre d’art contemporain qui se prennent pour des artistes ou des PDG de marque est preuve d’une bonne santé mental et surtout d’un peu de courage face à une administration culturelle française sectaire et autoritaire. Combien d’artistes exclus des expositions ou tout simplement de vernissages car ils contestaient le bien fondé du pouvoir de ces messieurs, le liste est trop longue....

Je continue au sujet de Fabrice HERGOTT nouveau directeur du musée d’art moderne de la ville de Paris et de l’article du samedi 18 août 2007.

"L’intérêt d’une programmation est d’être au plus proche de ce qu’on trouve important, intéressant, de ce que l’on a envie de voir. Il s’agit au fond de quelque chose extrêmement créatif dans la façon dont on agence les différents domaines, les différentes oeuvres." Non Monsieur Fabrice Hergott vous n’êtes pas un créatif, pas plus qu’un artiste et l’agencement d’œuvres dans un espace relève d’une analyse et pour un artiste contemporain vivant d’une liberté pour l’artiste d’agencer son exposition comme il l’entend. Après la mode, la marque qui est une insulte pour le rôle réel des institutions en France nous voilà au créatif. Ce que aux Apea, artistes plasticiens plasticiennes en Aquitaine nous avions dénoncé dans nos deux lettres ouvertes sur le Frac Aquitaine, ils se prennent tous pour des artistes, dans le foot, les cuisiniers, certains viticulteurs, dans les musées, les Frac, dans la Pub, mais aux artistes plasticiens ont leur dit : "Vous n’êtes que des plasticiens !"

Pourquoi une marque ? Parce que Monsieur Fabrice Hergott ce prend pour le PDG du nouveau musée d’art moderne de la ville de Paris pour faire plaisir à sa ministre de la culture Christine Albanel ou à monsieur Bertrand Delanoë maire de Paris et mettre une couche de Libéralisme dans son discours sur l’institution culturelle et publique ? Le problème est qu’en économie libérale les musées sont privés et ne jouent pas avec l’argent du contribuable. Je continue de citer Monsieur Fabrice Hergott " Et dans un musée aussi important que le musée d’Art moderne, le travail ne peut se faire que dans un réseau à la fois d’affinité et d’intérêt, au sens de curiosité." . Voilà, le mot est dit "RESEAU", les mêmes réseaux que nous dénonçons aux Apea dans les Frac qui placent aux commissions techniques leurs propres petits copains qui achèteront à leurs propres petits amis. Il existe des juges de paix, il faudrait peut-être des juges pour aller fouiller un peu le montage de ces institutions publiques... Le montage d’exposition pour favoriser tel marchand, agent ou artiste pour faire monter ou maintenir des côtes, oui Monsieur Fabrice HERGOTT a bien raison de citer les réseaux qui programment l’exclusion d’artistes plasticiens talentueux pour favoriser des artistes peu regardant sur ces montages douteux. Je continue de citer Monsieur Fabrice HERGOTT : " Sans que cela soit pour autant idéologique (je rajoute : ce n’est pas de mode et ni de marque !) , c’est à dire que ce n’est pas une position ou une vision du monde très affirmée (on gomme la singularité de l’œuvre et de l’artiste) contre une autre, c’est, je le répète, plutôt une musique, une tonalité." Heureusement que Monsieur Fabrice Hergott n’est pas conservateur d’un musée sur la résistance ! Donc le gros mot à bannir est " idéologique " et donc vous ne verrez pas d’exposition par exemple sur la « Nouvelle Objectivité » car vous risquez de voir des dessins ou des peintures de DIX, BECKMANN ou GROSZ qui vont vous chanter une petite musique classée " dégénérée ".Lili-oto :Hommage à Otto Dix

- Comme je n’ai pas citer Philippe DAGEN alors que je l’ai suscité. Je vous écrit deux deux citations dans la "Haine de l’art".

Pablo Picasso : "Il ya une opposition absolue entre le créateur et l’état. Alors il n’y a qu’une tactique pour l’état : tuer les voyants. La vie d’une société exige la stabilité et le maintien de certaines normes, l’individu doit se plier ou périr."

Théodor Adorno : "Le combat contre les musées a un aspect donquichottesque, non seulement parce que la protestation de la culture contre la barbarie reste sans écho : la protestation sans espoir est nécessaire." dans Critique de la culture et de la société.

Je rajoute :"Il faut lier au sein de l’hétérogène !" Je crois de mémoire (je ne suis pas sûr) que c’est Henri Maldiney qui le disait.... Lili-oto 

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