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Textes des années 1980 : à la recherche de la bidimensionnalité en Art, la position intermédiaire entre la peinture et la sculpture...

par lili oto artiste plasticien 1 Octobre 1981, 11:22 artiste plasticien

J'ai décidé de ne pas retoucher et de ne faire aucune correction à mes textes écrits, jeune artiste, dans les années 1980. Ils expliquent le point de départ de mes recherches et de mon activité artistique avec toutes les maladresses, les incohérences et la naïveté d'un jeune artiste dans son atelier face à sa création. (Ces textes ont accompagné plusieurs expositions comme les "Jardins éphémères" et la biennale d'art contemporain BAC OUT à Lyon) 

Aux premiers regards, première interrogation. Mes pièces sont-elles un ou des fragments arrachés, déracinés puis exposés ou un assemblage chaotique frappé par le hasard, un éternel va et vient où la destruction et la reconstruction se conjuguent ?...

Tous les fragments sont constitués systématiquement de matériaux neufs et dans ce cas, ils ne sont pas la partie d'une chose qui "fut" mais le fragment d'une naissance.

Au départ, il y a la conscience de... La conscience d'un espace frontal. Lorsque je me trouve face à un mur, par exemple dans l'atelier, il y a la présence d'une ou plusieurs images mentales dans mon esprit et non le concept du "Quadro". (tableau).

La première opération fractionne déjà cet espace. Je tends une feuille de PVC transparente sur un immense chassis métallique et j'intercale entre le châssis et le mur des spots puissants de un ou deux KW qui vont éclairer le plastique par l'arrière et plonger le mur dans l'obscurité. La feuille de PVC devient un catalyseur de la lumière par l'imperfection de sa transparence et par sa surface légèrement embuée par la chaleur des spots. La présence de cet espace frontal est renforcée par la source lumineuse représentant un mur factice. Quand je peins sur le PVC, j'ai l'impression de peindre directement sur la lumière et par la violence de la source lumineuse qui est face à moi, par la transparence, j'ai la matérialisation d'un espace frontal entre le mur et moi.

La deuxième opération consiste en un choix entre la planéité et un volume. Dans les deux cas, le PVC est déstructuré par les découpages et la chaleur, c'est la naissance d'un premier fragment, le "Fragment originel". Plus la conscience de cet espace frontal anime ma pensée, et plus il se fractionne et se fournit par l'adjonction d'autres fragments (cloisons, carrelages...). Dans cette élaboration, je ne sais pas "si c'est moi qui vais au mur ou si c'est lui qui vient à moi". lili-oto


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J'ai toujours été fasciné par la force d'inertie de la matière. Pour la matière, l'inertie, c'est la résistance au mouvement liée à sa masse. Chaque matière a sa propre inertie : huile, acrylique, verre, granit, bois, plastique, fer, aluminium, etc... L'inertie est une valeur intrinsèque à chaque matériau, une valeur qui dépasse les limites de ses propres lois physiques : elle devient valeur suggestive et elle n'a pour seule conscience que le rayonnement de sa propre dialectique.

On peut trouver dans l'inertie de la matière le fruit d'une résonance, dans sa substance même et du plus profond de ses entrailles peut-être révélé une Sonorité Organique. Selon l'acte ou l'intervention, la sonorité organique varie, ses variations peuvent être identifiées à des Phonèmes. La conjonction du silence et de l'inertie ouvre un nouveau champ d'investigation, un autre monde et surtout un autre langage.

Les divers matériaux (d'usage courant, manufacturés et non précieux) : carrelage, papier, carton, plâtre, feuille de PVC transparente, sont transposés, l'ordre d'importance (signe, valeur, fonction...) qui leur était assigné est transgressé, afin de reconstituer une nouvelle "valeur en soi". Par exemple la feuille de PVC transparente devient un espace plein lorsqu'elle est traversée par la lumière, un nouvel espace éphémère.

Le sujet se confond avec les matériaux de par leur re-présentation, et son objet est une composition organique où le langage de la matière : ses phonèmes, "fournissent une nouvelle palette".

Chaque matériau ou chaque matière est pris en compte, du pigment à la lumière, rien n'est exclu. Quant à mon objet, l'absence de référent le soustrait aux règles de la figuration ou de l'abstraction, car aucune écriture quelle qu'elle soit (philosophique, spirituelle,...) n'est mienne. Tous ces fragments rassemblés ne vibrent que pour eux-mêmes, que pour leurs interactions, ils ne sont pas les éléments d'un TOUT, d'une entité comme le tableau, mais une CONSTELLATION. lili-oto 

 

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translation of texts in English (traduction des textes en Anglais): 

I decided not to touch up and to make no correction in my written texts, young artist, in 1980s.
They explain the starting point of my researches and my artistic activity with all awkwardness, disconnectedness and naivety of a young artist in its workshop faced with its creation.(These texts accompanied several exhibitions as " ephemeral Gardens " and the first Lyons biennial "OUT" of contemporary art in France with the slognan: not in official Biennale "In" or biennial "Off" but elsewhere! The biennial "OUT" of contemporary art)

In search of the two-dimensionality in Art, intermediate position between painting and sculpture...

First glance, first question : Are my works fragments which have been torn away, uprooted and then exhibited, or a chaotic and hazardous assemblage, warering in a combination of destruction or                    
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